"Des monstres sans méchanceté " " Tout au long de ma production, mes personnages de prédilection sont des monstres mais si on les regarde bien, ils sont totalement dépourvus de méchanceté " , explique l’artiste. Un propos optimiste, sans doute destiné à convertir un regard trop rapide, sensible à la morbidité et l’agressivité latente qui jalonnent les représentations. Parfois hébétés, souvent sidérés, toujours écrasés par le poids des événements tragiques dont ils sont plus spectateurs qu’acteurs, les guerriers de Chabert 4 semblent en effet se recroqueviller sur leur humanité menacée, et s’y abritent jusqu’à tenir leurs armes à la manière dont un musicien tient son instrument. "Ils en arrivent à une certaine familiarité avec les objets de la guerre, qu’ils finissent par apprivoiser " , confie le peintre.