Cette remarquable cité a prospéré, pendant 350 ans, de la fin du Ier siècle avant notre ère jusqu’à la fin du 3ème siècle de notre ère. À son apogée, sa surface atteignait 45 hectares où vivait 3 à 4000 habitants. Les principales voies antiques desservaient Alauna, ce qui en faisait une cité centrale du Nord Cotentin. La ville apparaît au centre d’une étoile routière reliée par des routes et des chemins qui la connectait à Cherbourg, Coutances jusqu’à Rennes, Portbail, le Val de Saire (Fermanville, Barfleur et Saint-Vaast-La-Hougue) et Rouen. Proposition de restitution d'Alauna vers le IIe siècle (aquarelle de Dominique Lepoittevin). Proposition de restitution d’Alauna vers le IIe siècle. La ville avait un schéma géométrique rigoureux qui s’articulait autour de deux grands axes routiers. Son développement s’est structuré autour du forum (centre administratif et politique) et du sanctuaire, situés au cœur de la ville. Il y avait également des thermes et des domus (grandes demeures majestueuses), le tout organisé selon un quadrillage de rues couvrant une vingtaine d’hectares. Bol Drag, céramique sigillée de Lezoux type retrouvé à AlaunaBol Drag en céramique Les principales activités de l’agglomération étaient la métallurgie et l’artisanat, en particulier le travail du fer et du bronze. Lors de l’agrandissement de la cité, des grandes demeures (domus), le théâtre et les thermes ont été implantés à la périphérie du centre urbain. Les vestiges visibles de nos jours : L’emplacement du théâtre et les thermes Plan du théâtre d'AlaunaPlan du théâtre d’Alauna Le théâtre à gradins en forme de fer de cheval ressemblait à un amphithéâtre. Il était doté de 5 escaliers verticaux, avait un diamètre de 66m et pouvait accueillir 3700 spectateurs. Les termes, dont les vestiges sont classés monument historique depuis 1862, sont les seuls vestiges antiques conservés en élévation de toute la Normandie. L’édifice d’une surface de 1225m² était symétrique et composé de 6 salles froides (frigidarium) et de 4 salles chaudes (caldarium) ou tièdes (tepidarium). La pente régulière du terrain avait permis de bâtir les pièces chaudes en contrebas. La piscine chaude était composée d’un bassin de 7m30 de diamètre, chauffé par 12 fourneaux de briques. Les termes avaient une fonction d’hygiène, mais pas seulement, ils étaient également des lieux de rencontre et de sociabilité où la population pouvait bavarder, discuter affaires ou encore se délasser.