Le secteur sur lequel a été érigé ce cimetière n’est pas anodin. À proximité des premières lignes durant la Première Guerre mondiale, ce lieu fut choisi pour préparer la «seconde bataille de Champagne» devant se dérouler en septembre et en octobre 1915. En lançant une vaste offensive entre Aubérive et Ville-sur-Tourbe, le général Joffre vise à rétablir la «guerre de mouvement» et mettre fin à la «guerre de position». La mobilisation de toutes les ressources humaines et matérielles a valu son surnom à ce cimetière. En effet, le lieu était considéré comme un carrefour logistique de première importance. Le va-et-vient quotidien des soldats et la forme particulière du lieu (un rectangle aux coins arrondis), ont donné l’idée de le nommer « La place de l’Opéra », en référence au lieu éponyme parisien. Un croquis réalisé en 1915 par le sous-lieutenant d’infanterie Georges Hugo, aquarelliste et peintre qui n’est autre que le petit-fils de Victor Hugo, témoigne de cette forme singulière. Le lieu connaît une fréquentation humaine d’autant plus importante que la zone est, durant le conflit, l’emplacement de postes de commandement et d’une ambulance divisionnaire. À l’origine constitué d’une simple croix et d’un muret à l’initiative de la famille d’un des soldats qui y fut inhumé, le cimetière est aujourd’hui composé de 144 sépultures de militaires. Les bordures blanches de chacune d’elles reprennent la forme générale du cimetière, évocatrice de la place de l’Opéra. Création en 1915, batailles de Champagne. 3 460 m² - 144 coprs 14-18 : 144 Français Site en accès libre.