Propriété privée. En 1850, monsieur Lamotte, architecte à Caen, construit une maison bourgeoise sur les ruines d’un Moustier (monastère) du Moyen-Age sur le terrain voisin de l’enclos paroissial de Neuilly-le-Malherbe. La demeure et le parc qui l’entourent sont traités dans l’esprit romantique qui est alors à la mode. A l’arrière de la maison, une allée plantée de tilleuls conduit à une clairière entou-rée d’une couronne de hêtres, chênes et marron-niers. D’autres allées sillonnent le parc en suivant les dénivelés parmi des arbres centenaires (pins noirs, séquoias, mélèzes et feuillus). L’ensemble est conçu d’une manière naturelle et forme un tableau pittoresque avec la maison de maitre traitée dans un esprit néo-médiéval avec une tourelle, des meurtrières, des fenêtres à meneaux et un mur d'enceinte. En 1943, le parc est menacé par des travaux d’abattage afin de fournir du bois de chauffage. Il est classé parmi les sites en juin de la même année. A la fin du siècle, peu après son acquisition par un nouveau propriétaire, la tempête du 26 décembre 1999 s’abat sur la propriété ravageant le parc et couchant plusieurs arbres séculaires qui, dans leur chute, occasionnent des dégâts importants. Le propriétaire entreprend de dégager l’invraisemblable fouillis et présente à la commission départementale des sites un projet de rénovation qui est validé. Les plantations doivent être refaites à l’identique en respectant l’équilibre initial du parc entre un nombre restreint de sujets exotiques et les espèces locales en périphérie. Le Moustier ne porte plus de cicatrices de la tempête de 1999. Même si autrefois les arbres et la composition du parc devaient être plus beaux, rien ne laisse percevoir aujourd’hui les dégâts que l’ouragan a occasionnés. Restauré et re-planté, le site (de dimension réduite) doit encore faire l’objet d’un entretien suivi pour retrouver un peu de la splendeur passée.